Mal de dos

« Le mal du siècle »

Pathologie fréquente, on parle souvent du « mal du siècle » lorsque l’on évoque le mal de dos. Les chiffres en témoignent, rares seront ceux qui n’auront pas au moins une fois mal au dos dans leur vie. Mais sous cette appellation très générale se cachent de multiples pathologies très différentes, fort heureusement rarement graves !

 

Le dos, une structure complexe

La colonne vertébrale, également appelée rachis, est le pilier central du corps. L’un de ses rôles principaux est d’orienter les nombreux mouvements que le tronc nous permet d’effectuer : la flexion, l’extension, la rotation, l’inclinaison.

Elle se compose de 24 vertèbres : 7 cervicales, 12 thoraciques et 5 lombaires, 5 vertèbres sacrées qui forment le sacrum et 3 à 5 vertèbres qui forment le coccyx. Comme toute articulation, nos vertèbres sont maintenues entre elles par de nombreux ligaments et muscles. Mais elles sont également séparées par un disque intervertébral entre deux vertèbres dont le rôle – essentiel ! – peut s’apparenter à celui d’un coussin : il supporte les poids (le nôtre et celui de tout ce que nous portons) et amortit les chocs liés à chacun de nos mouvements.

L’usure de nos vertèbres ou une trop forte sollicitation sont à l’origine des différentes pathologies qui nous font grimacer. Et la proximité de nombreuses terminaisons nerveuses peut augmenter la douleur, jusqu’à la fameuse « sciatique ».

Les vertèbres lombaires, situées à la base de la colonne, mobiles et très sollicitées, subissent naturellement la contrainte la plus élevée et sont souvent les premières à nous faire souffrir. Mais chacune de nos 24 vertèbres est une source potentielle de douleur : il est donc essentiel d’en prendre bien soin.

 

Des clés pour comprendre les symptômes

Chaque composant de la colonne vertébrale peut être à l’origine d’un mal de dos : lombalgie quand il s’agit du bas de la colonne, dorsalgie pour le milieu de la colonne et cervicalgie quand cela concerne le cou.

La cause la plus commune est la douleur musculaire, qui peut survenir lors d’un effort intense (le port de charge lourde par exemple) ou un mauvais mouvement brutal ou d’une posture inconfortable et dans ce cas-là on parle de lumbago. Ce sont généralement des douleurs qui ne durent que quelques jours. Au niveau cervical on retrouve l’équivalent avec le torticolis.

Le disque intervertébral est une structure extrêmement importante souvent cause de lombalgie également. Un disque intervertébral comprend un anneau de cartilage fibreux ayant en son centre un noyau gélatineux. C’est une structure élastique et riche en eau. Avec l’âge la proportion d’eau diminue rendant le disque moins élastique et le dos plus raide aussi !

Une hernie discale survient lorsque le disque « sort » de l’espace intervertébral : d’apparition brutale lors d’un effort soudain ou plus progressive dans des pathologies dégénératives comme l’arthrose. Elle peut engendrer des douleurs de sciatiques (sensations de brûlure/douleur/fourmillement/anesthésie dans les membres pouvant irradier jusqu’au pied selon le trajet nerveux). On parle alors de lombosciatique. Au niveau du cou, ce sont les névralgies cervicobrachiales.

Le disque, qui a un rôle d’amortisseur de chocs de par sa structure « élastique », peut s’affiner avec l’âge et ainsi perdre cette propriété « protectrice » et engendrer des douleurs locales au niveau de l’espace intervertébral : on parle alors de pathologies dégénératives.

D’autres pathologies peuvent apparaitre avec l’âge (surtout après 60 ans), notamment l’ostéoporose qui résulte d’un appauvrissement de la structure osseuse, et souvent diffuse. L’os en devient plus fragile et des fractures et des tassements vertébraux peuvent en découler. Cette ostéoporose peut toucher l’homme comme la femme surtout après la ménopause

Parfois les douleurs peuvent être générées par des déformations du dos (scoliose, hyperlordose). Des traitements plus spécifiques adaptés (les corsets sur mesure par exemple, la chirurgie dans certains cas,) seront adoptés.

 

Quelles voies thérapeutiques, quelles solutions ?

Dans les lombalgies les plus communes, la prise en charge de la pathologie va surtout consister à prendre en charge de la douleur. Si le médecin généraliste est souvent en première ligne face à un patient lombalgique, d’autres acteurs de santé peuvent intervenir, surtout si la douleur devient chronique : les médecins physiques et rééducateurs, les rhumatologues, les ostéopathes, les kinésithérapeutes, les chirurgiens orthopédiques…

Des solutions thérapeutiques médicamenteuses et d’autres non pharmacologiques qui peuvent se combiner pourraient améliorer les lombalgies. Souvent en première intention, les médicaments antalgiques « basiques » et les anti-inflammatoires, en l’absence de contre-indication sont prescrits. Pris correctement, ils peuvent être très efficaces. D’autres choix existent comme les antalgiques opiacés ou non, les corticoïdes, les décontracturants musculaires et les antidépresseurs.

Dans des cas plus chroniques, des infiltrations à base de corticoïdes pourront être pratiquées et soulager provisoirement grâce à leur effet anti-inflammatoire.

D’autres alternatives non médicamenteuses peuvent être proposées : le chaud et le froid, les massages, traction/manipulation les médecines douces (relaxation, acuponcture…), efficaces parfois sur les tensions musculaires.

Les ceintures lombaires (ou collier cervical pour les cervicalgies) peuvent également être prescrits afin de mettre au repos certains muscles tendus, proscrire les gestes extrêmes et accompagner les patients lors de leur rééducation.

Cette rééducation est nécessaire devant une lombalgie chronique dont l’impact sur la qualité de vie est important. Les études ont montré que « les écoles du dos » dont la prise en charge multidisciplinaire inclut la rééducation, la prise en charge thérapeutique et psychologique, ainsi qu’une meilleure hygiène de vie sont particulièrement utiles pour minimiser les rechutes et la reprise progressive de la fonction normale.

Dans de rares cas, un recours à la chirurgie sera nécessaire surtout si compression extrême de la moelle épinière ou de ses racines

Mais l’une des clés du traitement de la lombalgie commune reste le mouvement : contrairement aux idées reçues, il faut rester actif pour guérir plus vite. Le repos est à bannir !

 

Qui est concerné ?

Les pathologies du dos sont multiples et à chaque âge ou chaque mode de vie son mal de dos.

Le sédentaire comme le sportif de haut niveau peuvent avoir des lombalgies, de natures différentes. Malgré tout, certaines pathologies du dos se retrouvent plus dans certaines tranches d’âge :

Chez l’enfant et l’adolescent, les troubles de la croissance, les pathologies infectieuses ou inflammatoires ou tumorales peuvent être à l’origine des douleurs. Mais lorsque toutes ces causes sont éliminées par le corps médical, les facteurs psychosociaux devront être étudiés.

Après 60 ans, ce sont essentiellement des pathologies dites « dégénératives », liées à l’âge, ou les néoplasies.

 

Quels sont les facteurs de risque et d’aggravation ?

Les facteurs favorisant l’apparition d’une lombalgie sont multiples : la sollicitation excessive du dos est le facteur le plus fréquent, mais la composante psychosociale occupe également une place importante dans la chronicisation des douleurs.

Certains métiers sont plus à risque que d’autres : les manutentionnaires portant des charges lourdes (déménageurs, livreurs, BTP…), les personnes exposées à des vibrations répétées (travaux, taxi, chauffeurs poids lourds…), mais également les personnes sédentaires qui restent longtemps assises (secrétaire, fonctionnaire de bureau, …).

Chez le patient lombalgique, on retrouvera souvent un facteur d’aggravation de la lombalgie : la peur de bouger à cause de la douleur ! La mobilité est au contraire une aide précieuse dans la reprise d’activité. L’inactivité, l’angoisse de bouger, le stress sont des facteurs aggravants reconnus et peuvent favoriser l’entrée dans un cercle vicieux et aboutir à l’installation d’une lombalgie chronique.

Une activité sportive intense ou nouvelle, des traumatismes, un affaiblissement musculaire par manque d’activité, une obésité accentue les charges sur les disques et les vertèbres, un ventre proéminent accentue la lordose, un relâchement des muscles abdominaux et même une grossesse sont autant de situations qui pourraient aggraver une lombalgie préexistante ou la déclencher.

 

Le mal de dos en chiffres

des ailles pour votre santé - mal de dos - chiffres clés

 

Sources documentaires