Insuffisance veineuse

L’insuffisance veineuse, ou « maladie veineuse », n’est pas une fatalité !

Manque de tonicité des veines qui se traduit par une incapacité à faire correctement remonter le sang des pieds vers le cœur, l’insuffisance veineuse est à l’origine de la sensation désagréable de jambes lourdes pouvant s’accompagner de fourmillements, d’œdème (gonflement) et à un stade plus avancé de varices et d’ulcères. Quel est l’état des connaissances… et quelles solutions ?

 

Des clés pour comprendre les symptômes

L’explication de tous les stades de la « maladie veineuse », de la sensation de lourdeur dans les jambes à la manifestation visible de varices et d’ulcérations, est que le système de pompe veineux n’est plus assez tonique pour propulser le sang de la périphérie vers le cœur.  C’est ce manque de tonicité qui entraîne une stagnation (ou stase) du sang dans les jambes, allant jusqu’à la formation de varicosités par distension des veines (varices plus ou moins gonflées et plus ou moins sombres du bleu au noir), accompagnée par une douleur d’intensité variable. L’impression de poids dans les jambes, avec la sensation décrite de « jambes lourdes », enflées ou d’impatiences s’aggrave en fin de journée ou lorsqu’il fait chaud… mais doit dans tous les cas de figure être pris en considération sérieusement.

 

Les différentes formes de pathologies et les complications 

Selon la Classification Étiologique Anatomique Physiopathologique (CEAP), la maladie veineuse chronique est classée en 6 stades respectant un ordre de gravité croissante.

Non prise en charge, la sensation initiale douloureuse de lourdeurs dans les jambes (C0), qui signe le début de la maladie veineuse chronique, soit une « mauvaise circulation », peut s’aggraver et évoluer vers des formes plus sévères : apparition de varices (C2), d’œdème permanent du pied, de la cheville et de la jambe (C3), de troubles plus importants au niveau de la peau avec des zones brunes pigmentées, et jusqu’à l’eczéma ou l’ulcère, soit une plaie persistante de la jambe de gravité variable (C5, C6).

 

 

Qui est concerné ? 

Les femmes (une sur deux) davantage que les hommes (un sur quatre), avant tout pour des raisons hormonales puisque les hormones féminines (progestérone et œstrogènes) ont un effet direct sur les vaisseaux sanguins. Pour ces mêmes raisons les femmes enceintes, dont le taux d’hormones est alors naturellement plus élevé, présentent un risque d’insuffisance veineuse accru.

Les veines perdant peu à peu de leur tonus au fil des années, les personnes âgées sont également davantage à risque pour cette pathologie. Enfin, les prédispositions génétiques sont connues, signant le caractère héréditaire de l’insuffisance veineuse.

 

Quels sont les facteurs d’aggravation ? 

La contraception peut être en cause et il convient d’en parler à son médecin ou son gynécologue en cas de sensation de lourdeur dans les jambes.

Le surpoids, la sédentarité et station debout prolongée, imposée par certaines professions (coiffeuses, vendeuses…) sont par ailleurs des facteurs avérés d’aggravation.

 

Quelles voies thérapeutiques, quelles solutions ?

Il est important de soigner tôt ses problèmes de circulation pour éviter d’en souffrir trop en vieillissant, et le premier interlocuteur est le médecin traitant qui pourra ensuite orienter vers un angiologue ou un phlébologue si nécessaire.

Le traitement de l’insuffisance veineuse repose en première intention sur des solutions non médicamenteuses, au premier rang desquelles un traitement médical qui se porte : les bas de compression, dont l’efficacité est prouvée scientifiquement. Aujourd’hui prescrits comme traitement de référence de la maladie veineuse ils sont  reconnus par la Haute Autorité de Santé et pris en charge par l’Assurance Maladie.

D’autres produits existent : crèmes ou gels anti jambes lourdes (), gélules, ampoules ou solutions buvables d’extraits de plantes « vertueuses », bains contenant des huiles essentielles, ou encore drainages lymphatiques.

Un traitement médicamenteux (veinotoniques) ou chirurgical  (sclérothérapie, chirurgie des varices, laser endoveineux) peut s’avérer nécessaire à des stades évolués de la maladie.

 

L’insuffisance veineuse en chiffres :

Insuffisance veineuse

 

Mieux vivre l’insuffisance veineuse

La prévention est de mise pour éviter les nombreux facteurs qui aggravent l’insuffisance veineuse : surpoids, sédentarité, exposition prolongée au soleil, chauffage trop élevé, bains chauds, vêtements et chaussures trop serrés. Tout au contraire : il convient de se passer les jambes à l’eau fraîche en remontant des pieds jusqu’aux cuisses, de se vêtir confortablement, sans ceinture trop serrée, de porter des talons plats, etc.

 

En savoir plus 

La classification :

  • Eklöf B, Rutherford RB, Bergan JJ et al. for the American Venous Forum’s International ad hoc committee for revision of the CEAP classification. Revision of the CEAP classification for chronic venous disorders. A consensus statement. J Vasc Surg, 2004 ;40 : 1248-52.
  • Allegra C, Antignani PL, Bergan JJ et al. The « C » of CEAP : Suggested definitions and refinements : An International Union of Phlebology conference of experts. J Vasc Surg, 2003;37 : 129-31.
  • P.BLANCHEMAISON. L’évaluation du risque de maladie veineuse par le Phléboscore®. Phlébologie, 2006 ; 59 : 85-92.

Trouver un phlébologue : Société française de phlébologie

Sources documentaires :