Arthrose du genou

L’arthrose, une maladie évolutive

L’arthrose est une maladie qui touche le cartilage des articulations dans un premier temps puis toute l’articulation dans un second temps. Le cartilage commence par s’user puis se détruire. Pour comprendre comment agit l’arthrose, il est déjà important de comprendre comment est composée une articulation « saine ». Nous nous intéressons ici à l’articulation du genou.

L’articulation du genou est une grosse articulation, très importante dans son rôle de soutien et de mobilité. Elle supporte le poids du corps et les mouvements fréquents dans chacune de nos activités. Toute atteinte de cette articulation, notamment dans le cas de l’arthrose, devient rapidement invalidante et gênante dans la vie quotidienne.

Progression de l’arthrose du genou

Le cartilage recouvre les extrémités osseuses du fémur, du tibia et de la rotule (appelée également patella). Ce cartilage, que l’on pourrait comparer à un petit coussinet gélatineux, permet la bonne mobilité de l’articulation. Sans lui, les os entreraient en contact les uns avec les autres.

L’articulation est par ailleurs entourée par une enveloppe, appelée la capsule synoviale, qui permet de lubrifier l’articulation et de nourrir le cartilage.

Un genou ne devient pas arthrosique du jour au lendemain, c’est une maladie évolutive dans le temps. L’arthrose du genou (ou gonarthrose) commence par toucher le cartilage puis s’étend par des phénomènes que nous décrirons plus bas à toute l’articulation, et en particulier aux extrémités osseuses.

C’est un excès de pression sur le cartilage qui va provoquer une détérioration de celui-ci. Cela va entraîner petit à petit une disparition du cartilage qui se fragilise par endroit. Parallèlement un phénomène inflammatoire va débuter au niveau de la synoviale et provoquer parfois des excès de liquide synovial (ce sont ce que l’on appelle les épanchements synoviaux). Simultanément l’os en regard du cartilage abîmé va se modifier peu à peu et former des excroissances (les ostéophytes). Tout cela peut devenir extrêmement douloureux lors des mouvements du genou et fortement gêner dans les activités quotidiennes.

 

Les différentes arthroses du genou

Il faut savoir que la gonarthrose est l’arthrose la plus fréquente des membres inférieurs. Selon la localisation cartilagineuse abîmée dans le genou, nous parlerons de 3 types d’arthrose;

  • La plus fréquente, l’arthrose entre le fémur et le tibia, représente 45 à 50% des cas. C’est l’arthrose fémoro-tibiale. Elle est dite interne quand elle touche le compartiment intérieur du genou et externe quand elle se situe sur l’extérieur du genou.
  • Entre la rotule et le fémur, on parle d’arthrose fémoro-patellaire, qui représente 35% des cas.
  • Parfois plusieurs compartiments sont touchés, dans 15 à 20% des cas.

 

Les symptômes de l’arthrose du genou

Au départ cette maladie est relativement silencieuse et indolore.

Puis le premier symptôme qui va être évoqué par le patient atteint de gonarthrose est la douleur ressentie lors des activités quotidiennes. Il s’agit d’une douleur dite mécanique, c’est-à-dire qui se calme avec le repos mais qui est augmentée par une utilisation excessive de l’articulation (marche, port de charge lourde, montée ou descente des escaliers…) et qui ne réveille pas la nuit (sauf lors des changements de position dans le lit). Le matin, au réveil, le genou peut sembler raide et nécessiter un temps de « dérouillage ».

Bien évidemment, en fonction du compartiment touché dans le genou, les douleurs varient. La douleur sera diffuse dans le cas de la gonarthrose fémoro-tibiale et plutôt sur le devant du genou dans le cas de l’arthrose fémoro-patellaire.

L’évolution de cette maladie se fait souvent par poussée : lorsqu’un fragment de cartilage se détache il entraine la réaction synoviale précédemment évoquée et le genou gonfle. Ceci entraîne des douleurs et des difficultés à la mobilisation du genou.

Par ailleurs, l’atteinte est souvent bilatérale et symétrique, les deux genoux sont touchés.

 

Qui est concerné ?

Nous ne sommes pas tous égaux devant l’arthrose. Environ 10 millions de personnes en France sont concernées par cette maladie1. On estime à plus de 2,5 millions le nombre de personnes de plus de 65 ans souffrant de gonarthrose2.

L’arthrose touche préférentiellement les femmes après 65 ans et il existe une prédisposition génétique à certaines formes d’arthrose. Des maladies métaboliques comme la goutte ou inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde peuvent favoriser son apparition. Des antécédents de traumatisme important (luxation, entorse grave, rupture ligamentaire…) également.

Mais cette maladie est surtout liée à notre mode de vie. Il existe des facteurs de risque influencés par celui-ci :

  • le manque d’activité physique fragilise les articulations ;
  • le surpoids ou l’obésité augmente les contraintes exercées sur les articulations ;
  • les traumatismes articulaires répétés professionnels (port de charges lourdes, travail à genou) ou sportifs (répétition de mouvements brusques) fragilisent également cette articulation3.

 

Le diagnostic

L’évaluation de la gravité de l’arthrose repose sur l’examen clinique (symptômes) et radiologique. Il n’y a pas de corrélation entre le niveau de douleur et/ou de gêne ressenti et l’examen radiologique du genou arthrosique.

A l’examen du genou, le médecin effectue plusieurs tests, recherche un épanchement dans l’articulation et des limitations d’amplitude des différents mouvements du genou. Des radiographies du genou sont demandées systématiquement et pourront retrouver des éléments évocateurs d’arthrose comme par exemple les ostéophytes évoqués précédemment ou la hauteur de l’interligne articulaire (espace entre le fémur et le tibia).

D’un point de vue clinique il est important de connaitre le niveau de douleur du patient (avec une échelle visuelle analogique « EVA » par exemple et sa consommation d’antalgiques) et son niveau de handicap au quotidien, il existe pour cela des indices qui donnent des scores d’atteinte de l’articulation et de l’impact sur la qualité de vie : index WOMAC, indice de Lequesne…

 

Quelles voies thérapeutiques, quelles solutions ?

La prise en charge de l’arthrose a pour objectif de soulager les symptômes (particulièrement la douleur) et de restaurer la mobilité de l’articulation.

L’arthrose étant une pathologie chronique il est possible de prendre en charge son évolution de différentes manières : mesures hygiéno-diététiques, traitements médicamenteux, utilisation d’orthèse ou de canne, thermalisme… Selon le stade de la maladie le recours à des infiltrations, aux lavages articulaires voire à une intervention chirurgicale avec pose de prothèse peut être envisagée.

Les mesures hygiéno-diététiques

La pratique d’une activité physique régulière ou des exercices de kinésithérapie contribuent au contrôle du poids et permettent de renforcer les muscles et d’assouplir les tendons qui stabilisent l’articulation pour conserver au maximum sa mobilité. Ces activités doivent respecter la règle des 3R : elles doivent être Raisonnées, Régulières et Raisonnables.

Les traitements médicamenteux

En période de crise douloureuse les antalgiques et anti-inflammatoires peuvent être prescrits pour traiter la douleur et rester mobile au maximum. En traitement de fond il existe des traitements anti-arthrosiques à action lente, il est également possible de réaliser des injections intra-articulaires.

Plusieurs intervenants pourront aider à la prise en charge de la pathologie : le médecin généraliste, le rhumatologue, le kinésithérapeute et lorsque l’opération s’avère nécessaire le chirurgien orthopédique.

 

L’arthrose du genou en chiffres

2,5 millions de français de plus de 65 ans concernés2

Les premiers symptômes peuvent être perceptibles dès 40-45 ans4

Le risque sur une vie de développer une gonarthrose symptomatique a été évalué à environ 40% chez les hommes et 47% chez les femmes5

 

En savoir plus

Sociétés savantes :

Associations de patients :

Sources documentaires :