Mal de dos : et si c’était l’ostéoporose ?

Mal de dos : et si c’était l’ostéoporose ?

En fragilisant nos os, l’ostéoporose peut provoquer des fractures et un tassement des vertèbres. Heureusement, on peut diagnostiquer la maladie avant d’en arriver là, et des traitements efficaces existent. Exercice physique, alimentation, traitement hormonal… diverses mesures de prévention peuvent également être mises en œuvre.

 Qu’est-ce que l’ostéoporose ?

Des os de plus en plus poreux, légers et fragiles. Voilà à quoi s’expose le squelette des personnes atteintes d’ostéoporose. Principale cause ? Une moindre efficacité des cellules qui contrôlent le renouvellement de notre ossature, sous l’effet de l’âge et des changements hormonaux. Voilà pourquoi les femmes ménopausées sont deux à trois fois plus touchées que les hommes : 2,5 à 3,5 millions de françaises souffriraient ainsi d’une ostéoporose « post-ménopausique ». Plus largement, 39% des femmes de 65 ans seraient concernées… une proportion qui grimpe à 70 % à partir de 80 ans*. Moins fréquente et plus tardive, la maladie touche aussi les hommes qui concentrent tout de même un quart des fractures dues à une fragilité osseuse.

Quelles conséquences pour le dos ?

En fragilisant les os, les fractures constituent en effet la principale complication de l’ostéoporose. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Chaque année en France, on ne dénombre pas moins de 377 000 nouvelles fractures dues à l’ostéoporose dont plus de 50 000 au niveau des vertèbres. A la clef : un tassement vertébral qui peut diminuer la taille du malade de plusieurs centimètres, et voûter le dos. Mais si l’ostéoporose en elle-même ne provoque pas de douleurs, ce n’est pas le cas de certaines fractures !

Heureusement, même si c’est encore trop souvent le cas, pas besoin d’attendre une première fracture pour diagnostiquer une ostéoporose. Pour cela, le médecin évalue d’abord si le patient présente des facteurs de risque : âge, antécédents, certains traitements et pathologies endocriniennes, carence en vitamine D, tabagisme, alcool, etc. Puis il peut prescrire un examen radiologique qui permet de mesurer la densité des os en moins de quinze minutes. Et aujourd’hui, il existe même des logiciels capables de prédire le risque de survenue de fractures dues à l’ostéoporose dans les dix ans à venir.

Quelle prise en charge ?

Parmi les médicaments contre l’ostéoporose, les plus prescrits sont les « bisphosphonates » qui réduisent l’activité des cellules qui dégradent les os. S’il est suivi au moins quatre ans, ce traitement réduit jusqu’à 50% le risque de survenue de fractures vertébrales ou du col du fémur*. Attention toutefois : un suivi bucco-dentaire est indispensable car ces médicaments peuvent induire des complications osseuses au niveau des maxillaires.

Côté prévention, les médecins conseillent fortement de pratiquer un exercice physique régulier car cela freine la perte de densité osseuse. Les femmes ménopausées peuvent aussi se voir prescrire un traitement hormonal capable de réduire le risque de fractures vertébrales. Il convient également de maintenir une alimentation suffisante et équilibrée, apportant assez de calcium (ex : laitages) et de vitamine D (ex : poisson gras). Enfin, alcool et tabac sont à éviter car ils favorisent la perte osseuse.

Sources documentaires

  • *Ameli Santé : qu’est-ce que l’ostéoporose ?
  • *Inserm : l’ostéoporose
  • Briot et al., Update of French guidelines for the pharmacological treatment of postmenopausal osteoporosis, Joint Bone Spine, 79, 304. 2012.
  • Cortet et al., Que faire devant une ostéoporose post-ménopausique ?, Rev Rhum., 73, 863, 2006.
  • Lespessailles et al., Prevalence and features of osteoporosis in the French general population : The Instant study, Revue du Rhumatisme, 76 (7), 685, 2009.
  • Haute Autorité de santé (HAS). Les médicaments de l’ostéoporose, 2014.

Article publié le 26/10/2016 par Jean-Philippe BRALY,  journaliste scientifique et médical.

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