Yoga, relaxation : des « sports » tout en douceur pour prendre soin de son lymphœdème

Yoga, relaxation : des « sports » tout en douceur pour prendre soin de son lymphœdème

Certains sont rebutés à la simple idée de « faire du sport » ! Or des activités douces et même des pratiques de détente procurent un réel bien-être et peuvent être assimilées à des « activités sportives ».

Les activités telles que yoga et relaxation ne sont-elles réservées qu’à une élite en recherche de spiritualité ?

Les termes de « yoga », « relaxation » et plus encore « méditation » présentent une forte connotation de spiritualité. Certes, leur pratique est favorable à la quête de cette dernière, pour autant il n’est pas interdit de découvrir, s’initier, se familiariser, pratiquer ces « sports doux ». Tout au contraire… et plus encore si affinité ! C’est l’occasion de réconcilier corps et esprit, le rejet du sport étant parfois lié à celui de son corps. Un corps que l’on sent trop lourd, trop gros, trop gonflé pour bouger lorsqu’on souffre de lymphœdème. Et justement : certaines pratiques douces sont dans le cas présent complètement adaptées dans une perspective de réappropriation de son corps.

Au-delà de la légèreté, des preuves scientifiques étayées

Les bienfaits de la relaxation sont tellement évidents que les scientifiques se sont penchés sur la question, à la recherche d’explication et de preuves irréfutables. Bien leur en a pris, car la littérature scientifique et médicale fourmille aujourd’hui de données tout autant passionnantes qu’encourageantes pour les (futurs) adeptes. Il en ressort que la pratique du yoga apparaît comme un outil pour mieux appréhender à la fois son corps, mais également le handicap que peut induire un lymphœdème, sachant que la prise en charge médicale de cette pathologie chronique est difficile.

A chacun son sport

La crainte de voir apparaître un lymphœdème chez les patients opérés (notamment les femmes ayant subi une intervention pour un cancer du sein) qui souhaiteraient maintenir ou reprendre une activité physique est fréquente. Elle est parfois même entretenue par certains médecins et kinésithérapeutes eux-mêmes. La vraie question est celle du rapport bénéfice/risque et la vraie réponse doit être personnalisée au cas de chacun.  En effet, la prévention à outrance, avec privation exagérée d’activités physiques, peut induire une certaine frustration chez des patientes initialement sportives et qui n’auraient peut-être jamais développé de lymphœdème. Rappelant les bienfaits reconnus de l’activité physique par son action antifatigue, les auteurs de récentes études pointent ainsi que, si le lymphœdème peut altérer la qualité de la vie, l’interdiction d’activités physiques l’altère dans certains cas tout autant. La voie est désormais ouverte, de par ces considérations, aux programmes thérapeutiques intégrant notamment la pratique du yoga, celle-ci devant s’accompagner d’une évaluation rigoureuse.

ZOOM sur le programme d’éducation thérapeutique : « vivre avec son lymphœdème »

Mis en place depuis 2011 auprès de patients atteints de lymphœdème au sein d’un réseau de santé Ville-Hôpital isérois dans le cadre de la loi « Hôpital Patient Santé Territoire » (HPST), l’atelier « Yoga et relaxation » autorisé par l’Agence Régionale de Santé (ARS) Rhône-Alpes a fait l’objet d’un retour très positif émanent des patients ayant participé, ponctuellement ou régulièrement, aux séances. Conduites par une infirmière diplômée d’Etat et également professeure de yoga, celles-ci étaient conçues pour être accessibles à tous en proposant différentes postures physiques adaptées aux possibilités des patients, des exercices d’étirement, de torsions flexions en position debout, assise ou au sol, sur le dos ou à plat ventre, des postures d’équilibre… le tout accompagné par des exercices de respiration, voir même de vocalisation. 86% des patients interrogés ont déclaré que le yoga les aidait « plutôt » (43%) ou « tout à fait » (43%) à prendre soin de leur lymphœdème. Pour tous, la pratique en groupe de l’atelier a été perçue comme une aide à la fois d’un point de vue physique et psychique.

Sources documentaires 

Article publié le 12/07/2016 par Nathaly MERMET,  journaliste scientifique et médicale.

Et vous, quel(s) sport(s) pratiquez-vous ? Portez-vous un dispositif médical pendant vos activités sportives ?