La grossesse : un facteur qui accentue l’insuffisance veineuse

La grossesse : un facteur qui accentue l’insuffisance veineuse

Au même titre que les longs voyages ou des positions statiques prolongées (debout, assis) la grossesse est classée parmi les situations préjudiciables à l’apparition ou l’aggravation des varices. Si elle n’en est pas la cause initiale elle en est en revanche souvent le révélateur, sur un terrain prédisposé. Et ce « voyage » dure 9 mois avec généralement un retour à la normale après l’accouchement. Les raisons sont à la fois hormonales et mécaniques.

Dès le départ il n’y a pas équité entre les sexes, car les femmes sont deux fois plus sujettes à la maladie veineuse que les hommes (une sur 2 contre un sur 4), et l’explication en est principalement hormonale. La progestérone et les œstrogènes – les principales hormones féminines – ont un effet direct sur les vaisseaux sanguins, participant déjà hors grossesse à l’apparition de la maladie veineuse et des varices… mais chez une femme enceinte leur taux explose !

La grossesse : un chamboulement hormonal

On dit – à juste titre – qu’une femme enceinte  est « imprégnée d’hormones », et les grossesses sont connues pour provoquer une décompensation de la maladie veineuse. Parmi les diverses théories, l’explication actuellement admise serait que cette imprégnation hormonale soit responsable de la désorganisation structurale de la paroi des vaisseaux, avec une hypotonie (manque de tonicité) des fibres musculaires lisses et une augmentation de la perméabilité capillaire.

Mais aussi des raisons… très mécaniques !

Si les modifications hormonales sont la principale cause, la compression exercée par l’utérus sur les veines et l’augmentation du volume sanguin expliquent aussi la fréquence de la pathologie veineuse chez les femmes enceintes, avec des dilatations très superficielles colorées (bleu violacé). Peuvent également apparaître des hémorroïdes et (plus rarement) des varices vulvopérinéales qui favorisent à leur tour les varices des membres inférieurs responsables d’autres complications (tel prurit ou pesanteur vulvaire).

A problème mécanique solution mécanique : la compression par bas (chaussettes, bas-cuisse, collants), afin de prévenir la thrombose veineuse profonde pendant la grossesse et lors du post-partum (6 semaines après un accouchement par voie basse, 6 mois en cas de césarienne). Recommandée par la Haute Autorité de Santé (HAS) car indispensable, la compression n’est hélas souvent pas mise en œuvre.

A savoir

Le risque de thrombose veineuse profonde :

  • est multiplié par 5 pendant la grossesse
  • par 60 dans les semaines qui suivent l’accouchement
  • augmente avec le nombre de grossesses

Sources documentaires 

Article publié le 20/05/2016 par Nathaly MERMET,  journaliste scientifique et médicale.