Le parcours de soins dans l’arthrose du genou

Le parcours de soins dans l’arthrose du genou

Arthrose du genou

Votre médecin vous a diagnostiqué une arthrose du genou ? Votre prise en charge peut dès lors faire intervenir différents professionnels de santé en fonction du traitement envisagé et de l’évolution de la maladie, mais aussi en fonction de vous : votre âge, votre état de santé, votre mode de vie et vos préférences. Le parcours de soins de l’arthrose du genou telle que les sociétés savantes européennes de rhumatologie le préconisent doit ainsi être global et personnalisé.

1 | Le médecin traitant et le radiologue, pivots du diagnostic

Dans la plupart des cas en France, c’est le médecin traitant, habituellement un médecin généraliste, qui pose un diagnostic d’arthrose du genou (ou gonarthrose). Certaines personnes consultent directement un rhumatologue, un chirurgien orthopédiste ou un ostéopathe en cas de douleur au genou, mais ce choix peut amener à des retards à la prise en charge et à des confusions dans le parcours de soins. Parce que votre médecin traitant vous connaît bien, parce qu’il centralise vos données médicales et parce qu’il a pour mission de coordonner les soins qui vous seront donnés, il est préférable de le consulter en premier lieu.

Si vous vous plaignez de douleurs et de raideurs au genou, le médecin va vous interroger, vous examiner et en fonction de vos signes et symptômes, vous prescrira une radiographie. Le radiologue a pour mission de réaliser la radiographie de avec plusieurs clichés sous différents angles. En cas d’arthrose, l’image montre au niveau du genou douloureux un ou plusieurs signes typiques : un « pincement intra-articulaire » (l’espacement entre deux surfaces osseuses du genou s’est réduit), parfois de petites excroissances osseuses appelées ostéophytes, ou une densification de l’os situé sous le cartilage.

Le médecin traitant se fonde sur l’association de critères validés pour diagnostiquer l’arthrose, parmi lesquels : la douleur, les signes radiologiques, votre âge, une raideur de l’articulation avec une limitation des mouvements et des « craquements » à la mobilisation du genou.

2 | Le rhumatologue, spécialiste dédié à l’arthrose

En règle générale, les arthroses légères, débutantes et non compliquées sont du ressort du généraliste. Celui-ci peut vous orienter vers un spécialiste, habituellement un rhumatologue, si le diagnostic est difficile ou pour choisir le traitement adapté. Vous pouvez préférer que la prise en charge s’effectue d’emblée ou se poursuive chez le rhumatologue.

Le rhumatologue peut demander des examens d’imagerie complémentaires comme une IRM (Imagerie par Résonance Magnétique), une échographie, une arthrographie, un arthroscanner ou une arthroscopie. Votre médecin traitant peut également demander l’avis d’un médecin du sport, d’un médecin spécialiste de médecine physique et de rééducation (MPR) ou d’un chirurgien orthopédiste.

Si le diagnostic est confirmé, le médecin généraliste ou le spécialiste vous expliquera la maladie, les traitements envisagés et les modifications du mode de vie souhaitables pour vous (exercice physique, adaptation des activités, perte de poids…). Le traitement décidé entre le médecin traitant, le spécialiste et vous peut dès lors faire intervenir d’autres professionnels de santé.

3 | Différents professionnels de santé selon la prise en charge nécessaire

Le traitement de l’arthrose du genou repose sur différentes approches et mobilise différents professionnels de santé coordonnés par le médecin traitant, en fonction des cas :

  • Des traitements non médicamenteux

Des exercices physiques adaptés – Ils permettent d’atténuer vos douleurs et d’entretenir votre mobilité articulaire. Le kinésithérapeute a pour mission de vous conseiller sur les exercices à pratiquer régulièrement selon vos capacités, vos préférences et votre mode de vie.

Une perte de poids si nécessaire – Elle peut être mise en œuvre avec l’accompagnement du généraliste, d’un endocrinologue ou d’autres professionnels de santé tels qu’un diététicien ou un nutritionniste.

Des « aides techniques » – Des semelles orthopédiques, des genouillères ou une canne sont parfois nécessaires. L’intervention d’un  kinésithérapeute ou d’un orthopédiste peut ainsi être sollicitée. Des aménagements de votre cadre de vie peuvent également être proposés par un ergothérapeute.

Des solutions complémentaires – Certaines personnes sont soulagées de leurs douleurs d’arthrose par des méthodes complémentaires comme l’acupuncture (pratiquée par les acupuncteurs), l’électrothérapie (par les kinésithérapeutes), l’ostéopathie (par les ostéopathes) ou les cures thermales.

  • Un traitement médicamenteux

Les médicaments (antalgiques, anti-inflammatoires, anti-arthrosiques symptomatiques d’action lente, etc.) peuvent vous être prescrits par le médecin généraliste ou le spécialiste. Certains traitements injectés au niveau de l’articulation, comme les infiltrations de corticoïdes ou d’acide hyaluronique, sont habituellement réalisés par le rhumatologue au cabinet médical.

  • Une intervention chirurgicale si nécessaire

Si vous n’est pas ou plus amélioré avec les médicaments habituels et les approches non pharmacologiques et/ou si les examens d’imagerie montrent une arthrose évoluée, une intervention chirurgicale peut être décidée par le rhumatologue. Celui-ci peut notamment vous proposer un lavage articulaire, une ostéotomie ou une arthroplastie (prothèse). Celle-ci est réalisée à l’hôpital ou en clinique par un chirurgien orthopédiste, entouré de son équipe soignante. A noter que certains chirurgiens orthopédistes sont spécialisés dans la chirurgie des membres inférieurs.

Un infirmier et un kinésithérapeute se chargeront de la gestion des suites de votre opération. Dans certains cas, un médecin spécialisé en médecine physique et en réadaptation peut coordonner ou assurer un programme de récupération fonctionnelle.

4 | L’arthrose du genou au cours de la vie

L’arthrose du genou évolue : à des périodes d’accalmie peuvent succéder des « poussées » d’aggravation. Pour un bon suivi, des visites régulières chez le médecin sont recommandées. Si vous éprouvez des difficultés à réaliser certaines tâches dans le cadre de votre activité professionnelle, vous pouvez consulter votre médecin du travail. Si votre état justifie la prescription d’un arrêt de travail en longue maladie (plus de 6 mois) ou une mise en invalidité, la prise en charge nécessite un accord entre le médecin traitant et le médecin conseil de l’Assurance Maladie. A partir d’un âge avancé et en cas de d’association de plusieurs pathologies, l’arthrose peut s’intégrer dans une prise en charge coordonnée par un gériatre.

5 | Sources documentaires

  • Vallée JP, Gallois P, Le Noc Y : Gonarthrose 2015, Médecine, octobre 2015.
  • Fernandes L et al.: EULAR recommendations for the non-pharmacological core management of hip and knee osteoarthritis. Ann Rheum Dis 2013;0:1–11
  • McAlindon TE et al. : OARSI guidelines for the non-surgical management of knee osteoarthritis, Osteoarthritis and Cartilage 22 (2014); 363-388.
  • Dossier « Arthrose du genou » du Site Web de l’Assurance Maladie, MAJ juin 2016
  • Société Française de Rhumatologie (SFR) :« La rhumatologie pour tous », rubrique « Arthrose » :
  • Assurance maladie, brochure « Mon parcours d’assuré » : Je suis accompagné en cas d’invalidité, 2012.